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Vive la France quand même!. Les atouts de la France dans la mondialisation
Vive la France quand même!. Les atouts de la France dans la mondialisation
Pascal Gauchon et le Groupe Anteios
PUF
Paris
2010
Dans le contexte d'incertitude quant aux perspectives d'avenir qui prévaut aujourd'hui, et alors que se multiplient les diagnostics pessimistes à propos de la « France qui tombe » ou de la ruine promise aux générations futures, victimes de l'endettement accumulé depuis plus de trente ans, ce Vive la France quand même se veut une analyse lucide des forces et des faiblesses du « vieux pays » cher à De Gaulle. Une approche sans concession au politiquement correct, qui n'hésite pas à mettre en lumière les archaïsmes et les lourdeurs qui handicapent depuis longtemps les performances françaises, mais qui valorise aussi par ailleurs les points forts en mesure de fournir les bases sur lesquelles peut s'opérer un sursaut. Pascal Gauchon, qui a dirigé la réalisation de l'ouvrage auquel ont collaboré de nombreux spécialistes d'économie et de géopolitique, avait brillamment montré, il y a quelques années, dans un petit ouvrage consacré au modèle français tel qu'il s'était défini après 1945, comment la conjonction d'une démographie dynamique, de la grande croissance d'après la seconde guerre mondiale et d'une génération de dirigeants de qualité avait permis les réussites enregistrées jusqu'aux années soixante-dix, celles qui virent le début de ce qui était bien plus qu'une crise conjoncturelle. Intégrée à l'Europe et ouverte sur le grand large de la mondialisation, la France a connu depuis, en quelques décennies, des changements sociaux et culturels d'une telle ampleur qu'il est temps d'établir un état des lieux complet et précis, indispensable pour évaluer ce que seront ses capacités à affronter les immenses mutations actuellement en cours. L'ouvrage présente donc, dans le détail, atouts et handicaps, activités dynamiques et secteurs en difficulté, opportunités offertes par l'ouverture sur l'extérieur, restes de puissance et limites du soft power que se sont fixés comme horizon les grands pays européens en ce début de XXIe siècle. Les atouts du territoire sont remarquables, du fait de sa place centrale en Europe, de son étendue et de l'attractivité que tout cela implique pour un pays bénéficiant, de plus, d'infrastructures remarquables en matière de communications et d'équipements. Ce qui n'exclut pas la permanence, voire l'aggravation de déséquilibres spatiaux au profit des régions littorales et des grands ensembles urbains et au détriment des anciens foyers industriels ou du réseau de villes moyennes qui joua si longtemps le rôle que l'on sait dans le tissu social français. La démographie constitue un autre atout dans une Europe en voie de vieillissement accéléré. La France assure de nouveau le renouvellement des générations et ce bon résultat ne se réduit pas exclusivement aux effets de la natalité supérieure enregistrée chez les populations issues de l'immigration récente. Le volume de la population active et la qualité de la main d'œuvre et de l'encadrement sont autant d'éléments positifs, mais le faible emploi des seniors, l'importance du chômage des jeunes et, surtout, les conséquences prévisibles à court terme de la crise de l'école assombrissent sérieusement le tableau. Lentement construite au fil des siècles, l'unité nationale acquise dès le XIXe siècle s'est complétée d'une remarquable cohésion sociale, bâtie autour du projet républicain et des remarquables succès de l'école publique, mais le modèle ainsi édifié est en crise depuis les années soixante, depuis que le triomphe de la société de consommation, l'urbanisation accélérée et l'importance de l'immigration extra-européenne sont venus bouleverser en profondeur une société demeurée longtemps dominée par le poids de son héritage rural. L'ouvrage recense les succès industriels ou technologiques qui semblent encourageants pour l'avenir, mais pointe aussi les faiblesses relatives de la recherche-développement. Les rapports avec l'Europe, les postures successivement adoptées vis-à-vis des Etats-Unis et l'héritage du fardeau africain fournissent l'occasion d'analyses approfondies et innovantes, mais le « bouquet final » est à chercher dans le chapitre de conclusion qui, en inscrivant dans la longue durée la « problématique » française, propose une lecture lumineuse des deux derniers siècles pour affirmer que « l'idée d'un retard français historique et chronique est battue en brèche et que se dégage plutôt l'image d’un rythme propre à la France ».