Du village de pêcheurs à la résidence royale
La plus ancienne occurrence du nom de Potsdam dans les textes se trouve dans une charte datée du 3 juillet 993, par laquelle le roi Othon III offrait la cité à l'abbesse du couvent de Quedlinburg. Potsdam était alors un petit village doté d'une place forte slave – le Poztupimi – au confluent de la Havel et de la Nuthe. Un autre texte nous permet de savoir qu'au XIV
e siècle, le village vivait essentiellement de la pêche et qu'il était réputé pour ses " maîtres des filets " qui se livraient à la pêche à grande échelle. Au XV
e siècle, l'industrie textile devint prépondérante et le village, qui comptait alors un millier d'habitants, vit son château transformé en véritable forteresse. Bien qu'au cœur du Brandebourg, la petite cité fut négligée des margraves du land et, quand la Guerre de Trente Ans ( 1618 – 1648 ) ravageait une grande partie de l'Europe, Potsdam était pratiquement devenu un village fantôme. A cette époque, le Grand Électeur de Brandebourg, Frédéric Guillaume, consacrait son règne à restaurer la puissance des Hohenzollern et à établir sa domination sur le duché de Prusse. En 1640, quittant Königsberg, il choisit d'établir sa résidence à Potsdam.
Un spectaculaire développement
Lorsque Louis XIV révoqua l'Édit de Nantes et menaça les Pays bas, Postdam accueillît des Hollandais ainsi que des huguenots qui fuyaient la France. Au début du XVIIIe siècle, Frédéric Guillaume 1
er, le "Roi soldat" fit de Potsdam une ville de garnison. La population atteignait alors onze mille habitants. Le roi fit appel à l'architecte Johann Boumann qui édifia, un vaste ensemble de maisons de briques rouges, aux pignons incurvés que l'on connaît encore aujourd'hui sous le nom de "quartier hollandais". En 1740, Frédéric II le Grand montait sur le trône d'une Prusse devenue l'une des grandes puissances de l'Europe et, même si Berlin en était la capitale officielle, ce fut à Postdam qu'il établit la cour royale. Il confia à Georg Knobelsdorff, l'un des plus brillants architectes palladiens d'Allemagne, le soin de dessiner le nouveau plan urbain de Potsdam. Ce fut dans ce style italianisant qu'il avait déjà expérimenté à l'opéra de Berlin, qu'il redessina la vieille place du marché et l'Hôtel de Ville et qu'il remania l'ancienne résidence du Prince électeur et construisit de nombreuses demeures. Cependant, pour répondre aux attentes du roi, ce fut le style rococo qui présida à la construction du joyau de Potsdam, la résidence privée de Frédéric II.
Le château de Sanssouci
C'était en français que Frédéric II parlait avec ses intimes, or, le premier château qu'il fit construire à Potsdam était destiné à être une agréable résidence privée, loin des contraintes de la cour berlinoise, où le roi pourrait se détendre et recevoir ses amis : il lui donna donc le nom de château de Sanssouci... Édifié sur les hauteurs d'une colline couverte de vignes, c'est un édifice relativement modeste, comportant une dizaine de pièces. Sa façade, qui s'organise autour d'un pavillon arrondi couvert d'un dôme, décorée d'atlantes et de cariatides, de bandeaux de pierre ornés de rinceaux végétaux, offre, sans donner dans l'exubérance, une grâce primesautière, une élégance rare. Usant de matériaux nobles, marbres, pierres dures, bois précieux, la décoration intérieure reflète aussi les goûts de Frédéric II, amateur d'art qui fit appel à des artistes de toutes nationalités pour la réalisation de fresques mythologiques et orna ses murs de toiles, avec une prédilection pour les œuvres de Watteau et d'Antoine Pesne.
Le parc, les fabriques et les palais
Fréféric aimait les jardins à la française et il fit aménager le parc de Sanssouci à l'image de celui de Versailles. Il adorait aussi les petits éléments décoratifs originaux des "fabriques" telles que templions, fontaines, pavillon chinois, bains "romains", orangerie... Élégant, agréable, mais modeste, le château de Sanssouci se vit ensuite adjoindre un édifice inspiré du château de Versailles, de style néo-classique et bien plus impressionnant, le Nouveau Palais chargé de témoigner de la prospérité de la Prusse. Au XIX
e siècle, le palais fut encore agrandi lorsqu'il devint résidence de Frédéric-Guillaume IV. Ce paysage éclectique, fut complété, entre 1914 et 1917, par le prince de la couronne Guillaume qui fit édifier le pavillon du Cecilienhof, en style Tudor, où il continua à résider après la chute du II
e Reich. Haut lieu de l'histoire, Cecilienhof fut, en 1945, le siège de la conférence de Postdam où les Alliés cédèrent à Staline le contrôle de la moitié de l'Europe...
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