« Il parut une lueur qui nous annonçait, non le retour de la lumière, mais l'approche du feu qui nous menaçait. Il s'arrêta pourtant loin de nous. L'obscurité revint. La pluie de cendres recommença plus forte et plus épaisse [...] Enfin cette noire vapeur se dissipa, comme une fumée ou comme un nuage. Bientôt après nous revîmes le jour et même le soleil, mais aussi blafard qu'il apparaît dans une éclipse. Tout se montrait changé à nos yeux troublés encore. Des monceaux de cendres couvraient tous les objets, comme d'un manteau de neige. »
(Pline le Jeune)
Le 24 août 79, commençait l’éruption du Vésuve qui devait ravager les florissantes cités de Campanie s’étendant à son pied. De fortes secousses sismiques ébranlaient depuis plusieurs jours l’opulente Pompéi mais, accoutumés au fait, ses habitants ne pressentaient pas la catastrophe qui allait s’abattre sur eux. Cendres et débris s’accumulaient sur les toits, provoquant parfois leur effondrement mais, craignant l’audace des pillards, nombre de Pompéiens hésitaient à abandonner leurs riches demeures. Ce fut le 25 au matin que l’éruption du Vésuve entra dans sa phase paroxysmale, en une nuée ardente qui carbonisa tout sur son passage… Pompéi disparaissait pour dix-sept siècles sous un linceul volcanique qui allait la conserver comme un témoignage unique de l’urbanisme romain.
Découvertes à la fin du XVIe siècle par Domenico Fontana, les ruines de Pompéi ne furent réellement identifiée que lors des fouilles effectuées en 1763, quand fut découverte l’inscription « Rei publicae Pompeianorum ». Les fouilles systématiques menées depuis la fin du XIXe siècle ont ramené au jour rues, magasins, maisons et riches villas décorées de fresques et de somptueuses mosaïques : la maison du Faune, la villa des Vetii, l’extraordinaire maison des Mystères… Nulle part ailleurs le voyageur ne peut retrouver avec autant d’intensité ce que fut la vie quotidienne dans l’Antiquité romaine.