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Les églises de Moldavie
Roumanie
Les régions qui, à l’époque médiévale, correspondent à ce qu’est aujourd’hui la Roumanie se trouvent à la confluence des apports germaniques et byzantins. L’architecture de nombreuses villes anciennes rappelle l’importance, jusqu’en 1945, de la présence allemande en ces régions alors que l’influence byzantine s’affirme à l’église Saint-Nicolas de Curtea de Arges, édifiée à la fin du XIVe siècle. Ces influences extérieures ne peuvent cependant résumer l’identité artistique de la Valachie, de la Transylvanie et de la Moldavie médiévales et cette dernière région a produit une architecture tout à fait originale, celle des églises décorées et peintes sur leurs murs extérieurs. Dans la seconde moitié du XVe siècle, le règne d’Étienne le Grand voit la montée en puissance de la principauté moldave et c’est à ce moment que sont érigés l’église et le château de Neamt alors que, en 1488, l’église Sainte-Ilie de Suceava apparaît comme l’un des premiers exemples d’édifice religieux peint à fresque à l’extérieur. On assiste ensuite à une étonnante floraison, avec les églises de Patrauti en 1487, Voronet (en 1488 mais dont les fresques ne seront réalisées qu’en 1547), Bistrita (fondée en 1498, puis restaurée et peinte en 1554), Moldovita (1537), Arbore (1541), et Sucevita (1582-1584). Le plan architectural est caractérisé par la présence de trois absides. L’abside terminale est aussi large que l’église et les deux absides latérales sont à peine esquissées. Sur le grand toit à pans s’élève alors une tourelle ornée de petites fenêtres, d’arcs simulés et d’arcades. L’extraordinaire décoration à fresque qui se déploie à l’intérieur et à l’extérieur n’a d’équivalent dans aucun autre pays. Ces oeuvres contemporaines du siècle de Michel-Ange et de Titien semblent appartenir à un autre monde que celui de la Renaissance alors en plein essor à l’ouest de l’Europe. Elles n’en témoignent pas moins d’une vitalité et d’une richesse d’inspiration qui trouve ses sources dans la religiosité populaire propre à ces terres moldaves durement exposées, des siècles durant, au vent de l’histoire.