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Bruegel l'Ancien, sa vie, son oeuvre, son exposition à Vienne
Le Kunsthistorisches Museum de Vienne présente cette année la plus grande exposition jamais consacrée au génie de Bruegel l'Ancien. Tous les musées du monde qui ont la chance de posséder l’un des 40 tableaux connus du Maître se sont associés dans un grand projet de recherche lancé en 2012 dont l’exposition de Vienne sera l’aboutissement. Les commissaires de l’exposition se sont fixé pour objectif de rassembler les trois quarts des tableaux qui nous sont parvenus autour des 12 chefs d'oeuvre appartenant au Kunsthistorisches Museum. Vienne rend hommage au même moment à Klimt et à Schiele : quelle meilleure occasion de découvrir la ville des Habsbourg, ses musées et ses institutions comme Shoenbrunn, le Konzerthaus ou le café Demel ? Laissez-vous tenter, Bruegel vous prend par la main...
Bruegel, un homme des Flandres

Bruegel naquit aux environs de 1525 quelque part en Brabant... Son lieu de naissance reste incertain mais nous savons qu’il se forma à Anvers, alors l'une des plus grandes villes d’Europe. Au faîte de sa prospérité et de son rayonnement culturel, la puissante cité fait partie du Cercle de Bourgogne institué par Charles Quint, souverain des Pays-Bas. L’oeuvre de Peter Bruegel l’Ancien s’inscrit dans le contexte politique et religieux des Flandres qui oppose alors dans une guerre féroce les réformés aux catholiques et l’aristocratie locale à Philippe II.

Un cercle humaniste engagé

Bruegel est reçu maître à la Guilde de Saint-Luc en 1551. Son maître présumé est Peter Coeke van Aelst, doyen de la Guilde, architecte et traducteur de Vitruve, artiste très en vue qui a voyagé en Italie et dans l'empire ottoman. Comme lui, Bruegel effectue entre 1552 et 1553 un tour d’Italie. Il n’en rapporte ni copie de Michel Ange ni vues de monuments antiques mais des dessins : Lyon, les berges du Tibre, le port de Naples, Reggio de Calabre, la Sicile, les Alpes... Ces paysages viendront s’insérer plus tard dans ses tableaux, mais pour lors Bruegel se contente de dessiner pour le richissime Jérôme Cocke qui dirige l’Atelier des Quatre Vents, la plus grande entreprise d’édition d’estampes d'alors. Les séries de Bruegel des Sept péchés capitaux, des Vices et des Vertus connaissent un immense succès et assurent la réputation artistique du maître qui signe alors “Brueghel”. A Anvers ses amis sont l’imprimeur Christophe Plantin et le géographe Ortelius. Bruegel appartenait comme eux à la Chambre de rhétorique d’Anvers, "La Giroflée”, qui associait dramaturges, peintres, musiciens, poètes, pour animer la vie culturelle de la ville par des spectacles et défilés sur des thèmes choisis.

Folie douce et folie furieuse

Les premiers tableaux de Bruegel sont foisonnants de personnages, déployés sur de grands formats représentant des vues de villages et, dans l’esprit de “L’Éloge de la folie” d’Erasme, dénoncent les travers de la société sous une forme comique, entre devinettes et moralités : Bruegel signe en 1560 “Les Proverbes flamands”, “Le Combat de Carnaval et de Carême” et “Les Jeux d’enfants”. Mais au fur et à mesure que la situation politique et religieuse empire son inspiration s’obscurcit : inspiré par Jérome Bosch (1450-1516) qu’il admire, il crée “Margot la Folle”, “La Chute des anges rebelles” et “Le Triomphe de la mort” où l’absurdité du monde se traduit par des scènes d’horreur panique, visages hallucinés, incendies, monstres et tortures.

Le mécénat des Espagnols

En 1563, Bruegel épouse la fille de son maître van Aelst et, alors que ses amis Plantin et Ortélius sont contraints de s’exiler, quitte Anvers pour s’installer à Bruxelles. Loin de l’Atelier des Quatre Vents, il se consacre exclusivement à la peinture, changeant sa signature en “Bruegel”. C’est le cardinal de Granvelles, dépêché par Philippe II à Bruxelles pour museler la noblesse locale qui devient son premier mécène. Après son échec, c’est le riche financier d’Anvers Nicolaes Jongelinck, ami personnel du roi d’Espagne, qui prend le relais auprès du peintre. Il possédait seize œuvres de Bruegel, dont la grande “Tour de Babel” et le “Portement de croix” et commanda, pour orner sa maison de campagne, la série des “Saisons”, chef d’oeuvre absolu de Bruegel.

Un hymne au pays flamand

Pourtant, lorsque les iconoclastes protestants dévastent la cathédrale d’Anvers et que le Duc d’Albe arrive à Bruxelles à la tête d’une armée de 40 000 mercenaires chargés de mettre en oeuvre une répression féroce, Bruegel célèbre le peuple flamand. On peut lire “La Danse des paysans”, “La Noce paysanne”, “La Noce en plein air”, “Le pays de Cocagne”, comme autant d’hommages à ceux qui persistent à cultiver, boire, manger, vivre, rêver et danser avec autant d’innocence que de ténacité.

Reflets de la terreur

Bruegel multiplie les allusions à la terreur que fait régner sur le pays la guerre qui le déchire. Cachés dans la forêt et protégés par des guetteurs, ce sont des flamands du XVIe siècle qui écoutent la “Prédication de Saint Jean Baptiste”. Dans “Le Dénombrement de Bethléem” Marie et Joseph s’avancent dans la neige au milieu des villageois dont certains figurent aussi dans la “Prédication”. Pour le “Le Massacre des Innocents”, les lansquenets espagnols sont à l’oeuvre, et dans “L’Adoration des mages” c’est la hallebarde du soldat au-dessus de l’enfant qui dessine la croix qui l’attend..

Les dernières œuvres

A partir de 1568 Bruegel renouvelle sa manière : le cadrage resserré et les scènes en gros plan donnent une force nouvelle à sa peinture, au service d’un message désormais résolument pessimiste. Finies les danses joyeuses des paysans les pieds sur terre. La “Parabole des aveugles” à la démarche titubante, la réunion d’estropiés des “Mendiants”, la chute annoncée du “Dénicheur” et de son acolyte sont autant de variations sur un monde qui ne tient plus debout et s’achemine vers la catastrophe... Bruegel meurt en 1569, laissant deux fils, Pieter et Jan, alors agés de 6 et 1 an qui feront également carrière sous le nom de Peter d’Enfer et de Jan de Velours et qui contribueront par leurs copies et imitations souvent talentueuses à diffuser l’oeuvre de leur père, unanimement admiré.
 
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